Excusez du peu...

mardi 3 février 2004.
 
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On eut dit qu’il fallait que tout soit posé pour que tu ne puisses plus rien bouger. Repu de cette idée, je suis sorti à l’extérieur changer en marbre couleur d’acajou tous les éléments du décor. J’ai figé l’ane qui appelle, les oiseaux qui volent. J’ai figé l’eau, le sable, les voitures qui roulent, les gens dehors. Lorsque tu es sortie dehors, un grand silence régnait sur toute la terre. Tu as fait un pas ; rien à faire. Tu es revenue quelque peu, à court d’idée, le monde un peu vide de sens, tu es revenue t’asseoir sur le fauteuil en osier qui borde la terrasse qui donne sur les empilements d’oliviers. Il restait alors le bruit des animaux qui rebondissaient, ici et là, sans propriétaires. J’ai attrapé le second fauteuil, me suis collé dans un coin le long du mur et j’ai écrasé ma cigarette sur une pierre. Mon livre parlait d’un enfant que l’on trimballe de contrés en contrés, avec des gens sans noms du calendrier. Tu as voulu en saisir l’hérésie avant que je ne cloue ton regard, coupant court à une remarque. Tu as bu ton verre de menthe : le glacon est venu avec la gorgée verte. Il est entré dans ta bouche, rapant ton palais, refroidissant tes pensées. Surprise, il est reparti valdinguer au fond du verre et tourbillant, ses angles, fondus et les yeux révulsés de plaisirs, ses angles dis-je, ont martelé les bords du verre ridé. On a écouté une seconde fois les animaux qui retenaient leur souffle. On a trouvé ça un peu bête. Soupirant, tu as repris ton verre attrapant le glaçon d’une goulée. D’un coup de dent les animaux se sont remis à chanter.

-  WoW !
-  Lent et aléatoire
-  Soumise à l’acceptation
-  la vie privée
-  de la personne humaine
-  vous conseille
-  respectivement
-  le capitalisme sauvage
-  et la Charte
-  d’utilisation
-  sur mépris


-  Ce que je me demande
-  c’est si je suis capable
-  de faire exploser vos boites
-  aux lettres
-  en une nuit standard
-  sans alerter les autorités
-  sans prevenir la police
-  sans que votre provider
-  ne baise votre femme
-  pendant qu’il vous tient
-  au bout du fil
-  pour vous prévenir
-  que votre Bal est annulé
-  que votre Bal est saturée
-  et que la marié
-  se fait baiser
-  par un enfoiré d’enculé
-  qui lit votre courrier
-  dans votre dos
-  la nuit
-  pendant que vous dormez
-  et qu’il vous téléphone
-  pour vous prévenir
-  qu’il baise votre femme
-  dans votre dos
-  sous pretexte
-  qu’un inconu se demande
-  s’il peut faire exploser
-  votre Bal annulée
-  votre Bal saturée
-  en une nuit standard
-  sans alerter les autorités
-  sans prevenir la police
-  c’est ce que je me demande
-  en cette nuit standard
-  est ce que j’en suis capable ?


Ah, excusez du peu, on me téléphone !

-  Oui ?
-  C’est le voisin d’en bas ?
-  Oui ?
-  C’est vous qui baisez votre femme ?
-  Hein ?
-  Non, je voulais dire, c’est vous qui baisez ma femme ?
-  Je sais pas. C’est Eléanore ?
-  Oui. Et mon courrier ?
-  Oui, je le lis aussi. J’en suis capable vous savez.
-  Je vois ca.
-  Oui.
-  C’est une nuit standard.
-  Oui je crois.
-  J’peux pas alerter les autorités.
-  Non j’crois pas.
-  Ni la police.
-  Non plus.
-  C’est moche.
-  Vous etes Français ?
-  Oui pourquoi ?
-  Pour rien, c’est un jeu de mot avec voisin.
-  Ah.
-  Vous me la renvoyez quand ?
-  Bientôt, j’ai bientot fini votre courrier.
-  Ok. Et pour ma bal ?
-  Elle est saturée.
-  Ah.
-  Elle a explosé.
-  Mince.
-  Bon...
-  Ouais.


-  Il a raccroché.
-  Sa bal est saturée
-  Et sa table dressée
-  Il attends tous ses invités
-  Il est prêt pour jouer
-  s’amuser
-  boire
-  l’ivrogne
-  et sa femme qui se fait baiser
-  par celui qui lit son courrier
-  et lui qui gise
-  là
-  dans un verre de sang
-  buvant un martini
-  bien serré
-  posé sur le rebord d’une fenêtre
-  par où il guette ses invités
-  qui viennent pour jouer
-  et puis pour s’amuser
-  pour boire
-  boire
-  allongé sur sa pile de courrier
-  qui dégueule par la boite
-  complètement saturée
-  et l’autre au bout du fil
-  qui crie et se lit
-  tout son courrier
-  tout en baisant l’enfoiré
-  de l’autre abrutie de mariée
-  c’est le voisin d’en bas
-  le Francais
-  l’autre là
-  sa maison est en feu
-  sa bal a explosée.


Oh, excusez du peu, on me téléphone !

-  Oui ?
-  C’est vous ?
-  Oui.
-  Z’auriez pas vu mes invités ?
-  Non, j’suis occupé.
-  Oui je....
-  Je baise votre femme...
-  Et ...
-  Je lis vot’ courrier.
-  Ouais.
-  Z’avez trois factures et un...
-  Abonnement à TV magazine
-  Et le numéro de permis de conduire
-  Est le 8-5-5-8-3-2...
-  ...
-  Et ma femme ?
-  Toutes les mêmes !
-  Ah ca !
-  Vous zauriez pu l’aider.
-  L’aider à quoi ? A conjuguer le verbe zavoir ?
-  Non, à enlever l’instabilité de sa tête.
-  Pourquoi ?
-  J’sais pas. Votre courrier déborde, non ?
-  Oui mais j’vois pas...
-  Et benh c’est pour ça.
-  Ah.
-  Vous m’en direz tant.
-  Et sinon ?
-  Vous zauriez pu l’aider ?
-  A quoi ? A conjuguer...
-  Nan, à avoir des enfants.
-  Ok, mais techniquement c’est vous...
-  C’est moi qui la baise ouais.
-  Alors bon. Faudrait me la rendre...
-  Avec son permis de conduire ?
-  C’est le même.
-  C’est vrai ça.
-  Bientôt ?
-  Ouais. J’finis de lire vot’ courrier.
-  Ok.


La maison a finit par bruler. Il ne restait plus grand chose quand les pompiers sont arrivés. Ils ont conclu à une explosion. L’explosion d’un objet non identifié. Et il ne fut pas le seul. En haut, chez le voisin, ce fut pareil jusqu’à la dernière ligne du courrier.

Tu as eu une sorte d’étouffement, un cri. Les animaux se sont défigés, le pelage s’est mis à frissoner. Tu as voulu saisir l’hérésie avant que je ne cloue ton regard, coupant court à une remarque. Elle s’est échappée. Je suis rentré à l’intérieur saisi de cette idée : derrière toi, tous les animaux étaient déjà tous éparpillés. C’était fatalement étrange. L’eau, le sable, les voitures, tout s’est remis à couler. Finalement, c’est le marbre qui le dernier à cédé. Tout est devenu vert, vachement vert. Ce fut presque un peu déprimant, sur le coup. Tu as mis un poing, sur quelque chose d’un peu imagé et puis tu es partie. J’aurais pu dire épaule, cou, sourcil mais je suis Français, je fais des faux jeux de mots avec voisin.

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